La Casa JONRUELLE!

n°1 Jonruelle, 4000 Liège, belgique. Tel. 04.2280351 resto végétalien tout les mercredi dés 20h00

last news...ok, nous avons finalement réusit à acheter la maison, grace aux amis qui nous ont preter le fric. La proprio voulait vendre et on allais tot ou tard se retrouver à la porte. Yeah yeah, maintenant on rembourse calmement le pret, et petit a petit on continue les renovation (rafistoler la toiture, les fenetres etc...). Lo Spirito Continua... (Aout 01)

bon, pour ceux et celles qui ont raté le début de l’histoire, le n°1 Jonruelle était une de ces maisons à l’abandon depuis moultes années. Comme on avait de l’énergie à revendre et que à force d’héberger  des ami/es nous étions en pleine promiscuité, nous avons décidé de l’occuper et de nous en occuper “comme si c’était la notre”. on s’est fait sortir par la police le soir même ce qui à provoqué pas mal de dégout et de soutien. On à ré-occupé, et continué le déblaiement de toute la crasse, merde etc... qui s’y était amassée. Deux ans après, en place du vieux volet fermé et crasseux on peut voir une grande fenêtre au travers de laquelle on apperçoit des perce-neiges jaunes et mauves. Des foyers (charbon, mazout, bois, gaz) réchauffent la maison et ses occupant/es. De bric et de broc elle se répare et s’embellit. quand à l’imbroglio légal, les procès, les tentatives d’arrangement avec la proprio (du sud de l’Italie), ils sont au point mort ce qui pour nous n’est pas une mauvaise chose....

Ainsi squat ils!L’occupation de Jonruelle et maintenant de l’ancien théâtre des Oblats sont du recyclage de ce que la socièté n’a plus usage. 
-des gens ayant un très faible revenu (voir pas de revenu du tout!) essayent de vivre (notamment) des expédients de notre société. On se rend contre que on peut plus ou moins se démerder si on décide de ne plus donner dans la consomation éffrénée. 
Voici une petite liste des réflexes qui aident à boucler les fins de mois: Bois de chauffage de récup’ (on a investi dans une scie circulaire), le pasato, la pils, les pâtes Derby (humm..), la minarine, etc... les légumes bon marché (les choux, patates etc...) , les marchés au puces (vélos, cassettes, lustres, catalors, ...) le marché de la Batte : les légumes y sont moins chèrs (avant on pouvait ramasser plein de légumes avant que le camion poubelle ne passe, mais depuis le nouveau systeme y’a plus rien). Pour éviter de remplir moins vite les sacs jaunes à 50 balles, je vais porter mes déchets organiques chez des amis qui ont un jardin.  Il faut aussi apprendre a cuisiner tout ce qui n’est pas obligatoire d’acheter en ville. pizzas, tartes, frites, etc...etc... 

Voici l'interview de plusieurs personnes vivant à Jonruelle publiée dans la feuille info de Maloka au printemps 99.

Histoire du "mouvement squat" dans votre ville et historique de votre lieu ? 
-Depuis le milieu des années 80,il n'y avait plus eu de squat "revendicatif" a Liége. Auparavant existait "LA GALERE" sur les hauteurs de la ville où se déroulaient diverses activités .Le batiment a èté expulsé suite à l'arrestation de certains squatters pour je ne sais quelles raisons.En ètè 96 a ètè ouvert "1 jonruelle"une maison privèe abandonnèe depuis 10 ans.Aprés de nombreux procès "jonruelle"existe toujours et un accord avec la fille de la proprio devrait être pris dans le courant 99.Ce ne sera donc plus vraiment un squat mais son mode de fonctionnement et ses activitès continueront de la même maniére .En septembre 98 un ancien commissariat de police abandonnè depuis plus de 10 ans a ete occupé puis expulsé fin novembre ;on prend les mêmes et  on recommence ,d'abord sur une sorte d'HLM expulsé fin janvier puis sur un ancien theatre appartenant à la ville ,avec qui on essaye de negocier un contrat.

- Comment s'est passé l'occupation ?

-A jonruelle on a commencé sans se cacher un petit matin on était une petite dizaine  à nettoyer toute la baraque jusqu'à 20 h. On se rafraichissait tranquillos l'epiglotte au 1er  lorsqu'un gang de flics a debarqué,decidé à expulser sans pré-avis et condamner la porte à l'aide de quelques clous ridicules,sans avertir la proprio…Les voisins ont assistè à ca et trouvaient la fine équipe!qu'ils etaient cons. Ils avaient raison.La presse ,la TV et la radio nous on curieusement soutenus en encourageant ce type d'initiatives et en demolissant la "version policiere du grand nettoyage" .

Ca a ètè re-squattè une semaine plus tard Notons que nous avions versè un loyer de160ff a la proprio pour "officialiser" la rè-occupation et qu'un flyer expliquant nos projets avait ètè distribué dans les boites au lettres du quartier ,histoire de rassurer les voisins sur nos intentions .

-Quelles sont vos éventuelles activitées publiques/ ateliers: utilsation du lieu par des collectifs ? 

-L'infrastructure de Jonruelle  permet  juste a un groupe d'ami(e)s de s'y loger et d'y faire un resto vegetalien hebdomadaire le resto est prix libre et les bénéfices servent a l'entretien et la rénovation du squatt. Il y a aussi eu une projection et quelques reunions de collectifs ,mais ca reste très rare .Au premier il y a une piece commune salon de lecture ,un sleeping pour les invit(é)es de passage,et sous peu un studio de piercing/bureau ,qui servira aussi de cooperative de produit vegan, difficile a trouver en Liège et si on en trouve l'energie un lieu d'infos alternatives.

La plupart des occupants ont leurs activitès en dehors du squatt ,activitès géneralement liées a la scéne punk.Au nouveau squat tout est en preparation ,mais ses proportions offrent beaucoup de possibilitès.

- En quoi ce type de vie dénote d'une démarche politique (vivre ensemble échanges de savoir, solidarité ... ) ?
-WILLY: Je ne vis pas au squat ,donc c'est un avis exterieur.Je crois juste que c'est plus sympa de vivre entre potes et d'entreprendre des trucs en commun ,c'est aussi plus economique et ca ouvre des portes (c'est le mot) sur l'exterieur.Je veux dire qu'on a fait ènormement de connaissances interessantes ,via jonruelle et ca continue,certain(e)s sont devenu(e)s des habituè(e)s du lieu ,des gens differents et de toutes nationalitès qui "viennent voir".
GWEN:vivre ensemble echanger nos savoirs et être solidaire sont peut être une démarche politique ;si elle l'est je la qualifierais d'anarchie.
ALAIN: le fait de prendre en mains les choses qui nous concernes (logement, distrActions etc) sans trop se soucier des lois est un comportement "politique" qui peut casser le mode de vie isolé-consomateurs-soumis dans lequel le système nous retranche. C'est très difficile de combattre l'isolement, le chacuns pour soit dans le quartier. Depuis qu'il y a le squat, les voisins nous connaisent un peu mieux, on se dis bonjours et on se rend éventuellement quelques coups de mains. Si on veux tout chambouler, le premier pas c'est de recréer un esprit de communauté dans le quartier,  que l'on puisse réaliser ce qui nous manque et nos envie, et éventuellement agir ensemble. C'est bien de critiquer l'Etat, mais il faut aussi pouvoir s'en passer et commencer à s'organiser. 
-le squat est-il une fin en soi ou un moyen de mener des actions et de revendiquer concrètement quelque chose ?
-Effectivement le squatt est un moyen de mener des actions.Que ce soit des concerts,info-shop,theatre ,ou quoi que que ce soit…Tous se passe illegallement a l'interieur du lieu.Tu n'attends plus apres les accords de tel ou tel service pour realiser tes projets .Le squatt a une finalité d'habitation ce qui est une action et une revendication contre le probleme des SDF.
-Comment voyez-vous le problème des logements vides en France, de quelle façon se justifie pour vous le fait de squatter ?
-Je vois ca comme un gachis de batiments vides alors que des gens cherchent a se loger.On prefere speculer sur des batiments plutot que de s'en servir.Il est justifié d'utiliser,ce qui est en train de se gacher.Squatter se justifie d'abord par le besoin de se loger et refuser de payer un loyer derisoire ,surtout quand on a peu d'argent ou rien ,ensuite par le besoin de mener une vie differente et auto-gerée,auto-déterminée.Ca semble naturel.
-Comment voyez-vous le fait d'essayer de faire des démarches légales ou de communication avec les autorités ou le proprio. pour rester dans le lieu, d'essayer d'obtenir un bail précaire, gratuit et symbolique et donc une espèce d'assurance de pouvoir rester à plus long terme ? 
-Pour moi l'essentiel est de garder un squat,un lieu "acquis".donc j'accepte qu'un squat soit "legalisé" même si ça demande quelques demarches chiantes,des paperasses chiantes,parfois un entretien avec un echevin ou un ministre chiant,si tu peux continuer comme et faire ce que tu veux .Si on peux s'en passer tant mieux,mais si c'est ca ou l'expulsion,je prefere ça.

-Préférez-vous au contraire garder une démarche plus radicale, du genre "Zone Autonome Temporaire", plus à 1"arrache'et plus en envoyant chier au maximum les autoritées ?

-le plus longtemps possible mais lorsqu'il faut choisir entre être viré ou signer une sorte de contrat et apres tout garder ton independance ,comme ca a l'air assez facile ici en fait ,pourquoi pas signer et avoir la paix?Ca ne change en rien ta façon de penser,tu vas pas enlever l'affiche "anti-facho"ou"anti-vote"ou autre de ton mur parce que ta maison c'est plus vraiment un squat.C'est même rejouissant de savoir que les flics ont l'ordre de ne plus venir te faire chier alors qu'ils ne demandent que ça.
-Est-ce que le fait de squatter amène une ouverture sur l'extérieur ou est-ce que vous considérez que le squat amène plutôt au contraire un processus de marginalisation vis à vis du monde extérieur ?

-c'est surtout la façon dont tu squattes qui amenera une ouverture vers l'exterieur.

Si tu est en contact avec tes voisins et que tu les respectes,alors la oui tu t'ouvres vers l'exterieur ,tu acceptes quelques concessions .Notre communauté c'est pas seulement le squat c'est aussi le quartier . Ici a Liege ,nous ne cherchons pas a nous marginalisé par rapport au habitants du quartier, au contraire nous avons de bonnes relations avec nos voisins. Apres tu peux entrer dans ce processus de marginalisation en envoyant chier tous le monde ,c'est très facile ! Restons  ouverts, on sais que nous avons tous besoin l'un de l'autre et qu'il vaux mieux un bon voisinage que de ce faire chier l'un l'autre. 

-Qu'est-ce que vous apporte ce mode de vie, la vie en squat, en quoi le voyez comme radicalement différent ou pas tant que ça de la vie considérée comme normale avec chacun dans son appart', sa maison, sa chambre d'étudiant?

-Ce qui differencie de la vie en appart,etc. C'est le fait de vivre ensemble, de s'aider mutellement (bouffe, menage, bricolage). Le squatt ca peut apporter pas mal de choses comme le sens de la solidaritè et de la communauté.Personellement ca m'a apporté des notions de bricolage et des recettes pour la cuisine de masse. 
-Depuis combien de temps avez-vous adopter ce type de vie, est-ce que vous compter continuer aussi longtemps que possible ?

- Ca fait 5 ans que je vis comme ca et squatter est la façon de me loger qui me convient le mieux.Je pense que tous les habitants de jonruelle pense la même chose.

-Comment fonctionne la vie commune dans votre lieu ? réunions, repas communs, travaux... 
-niveau fonctionnement de la maison.Chacun fait ce qui lui plait ,a partir du moment ou il participe à la vie commune (menage,cuisine,travaux) Nous ne tenons pas de reunions,on compte sur le bon sens de tout le monde.Pour les travaux de la baraque, beaucoup de gens de l'exterieur nous on aidès(voisins,gens de passage).Certains du squat considere que le strict minimum est suffisant est ne s'investissent pas trop. Le squatt est ouvert a tous ceux de bonne volonté - Pourquoi c'est bien la vie en commun, quelles sont les difficultées rencontrée ? 

-la vie en commun c'est bien car tu partage tes idées,tes connaissances et tout ce que tu veux avec d'autres personnes qui elles aussi te donnent un coup de main pour n'importe quoi .Nous avons un sleeping qui est ouvert a tout le monde.On a eu quelques  problemes avec des personnes qui ne respectaient pas le lieu,en le degueulassant et en cassant des trucs ,on a eu vite fait de les mettre dehors.

-Quelles sont vos relations avec les gens du quartier, voisins etc ... ? 

-les relations avec les voisins sont super bonnes.Pour l'ouverture du squat,il y avait une petition qui circulait dans les cafés et les epiceries du quartier.La petition a été signé en masse .En general les gens du quartier trouvent que restaurer une maison et y organiser des activités,c'est  positif et utile.Les voisins nous ont bien aidés  en nous donnant des vêtements,de la bouffe ,des meubles,et  leurs soutien en general,on s'echange des services etc.Le squatt leur est ouvert comme a tous le monde
-Quelles sont vos démarches et relations avec les autorités ou le propriétaire- ? 

- on a ecrit à la proprio après le passage des flics. Pour lui dire que nous occupions les lieux et lui proposions de negocier le lieu en lui versant un loyer de 160 frs par mois. Ainsi nous avions un papier comme quoi nous louions le lieu par rapport au flics nous etions un peu plus officiels.
Les seuls a nous mettre des batons dans les roues sont les flics,qui considerent que nous devrions aller en Russie ou en Israel ou ce genre de comunauté existe,selon eux. Ca leur feraient bien plaisir de nous voir dehors.Mais ce ne que leurs avis de fachos.La proprietaire qui laisse sa maison pourrir depuis 10 ans veut maintenant recuperer son bien pour soi-disant y vivre. Elle nous a renvoyée les loyers et nous attaque en justice. Pour l'instant on lui propose toujours de louer. Mais elle ne donne plus de reponse depuis longtemps. La maison n'est pas en état (salubre) pour qu'elle puisse la louer. C'est l'impasse (ce qui nous arrange bien).

-Comment êtes-vous perçus localement par la population, les médias ? 

-nous sommes considéré comme une experience originale hors des schemas établis (travail,galére,etc).Car on essaye de créer quelque chose et nous sommes actifs avec des idées (resto,coop vegan).Les médias nous ont soutenus car ils trouvent que nous sommes dans notre droit,quant à la population,certains doivent nous percevoir comme des parasites de la société.Et d'autres comme des jeunes originaux,qui font quelque chose de leurs vies.En général nous sommes perçus positivement.
-Quelles sont vos expériences par rapport aux expulsions ? 

-Pour l'instant sur Liége après Jonruelle,il y a eu 3 squats à vie communautaire et associative qui se sont fait evictés légalement après décision du juge.Mais si les flics peuvent te virer directement,il ne se gêne pas.Il suffit de leur montrer que tu connais tes droits et prendre un avocat est necessaire.La commissaire de police de notre quartier a éssayer de nous virer, illégalement le lundi 4 nov 96. Nous avons organisés une manifestation et contactés les médias qui etaient présent devant le squatt le 4 novembre.Les flics ne sont jamais venus,car,ils étaient dans leur tort et se seraient fait passer pour des cons au yeux de la population.Depuis plus de nouvelles d'eux.

-Quel genre d'actions pour préserver le squat/ formes de résistance ? 
-Je crois que pour préserver un squatt,il faut d'abord bien le choisir.C'est a dire bien se renseigner sur le batiment,son histoire,les proprios,etc.Ce sera en fonction de ca que le batiment pourra tenir ou pas.La voie légale peut être une solution.

Au niveau de la resistance c'est toujours dur de résister une armée de flics.Je n'ais pas d'idées originales pour résister une éviction.

-Que prévoyez-vous de faire si vous êtes menacés d'expulsion ? 

-Personne de ceux qui habitent le squat, ne se laisseront évicter comme ca, c'est sur. Je pense qu'on organiseraient les eternelles baricades,juste pour leur rendre la tache plus dure et on organiseraient une manif avec les médias pour couvrir l'évenement,mais pour rien je suppose car si on est expulsable,c'est que c'est légal. La meilleure chose serait de squater un nouvel endroit.

- Pourquoi c'est bien la vie en commun, quelles sont les difficultées rencontrée ? 

-La vie en commun c'est bien car tu partage tes idées,tes connaissances et tout ce que tu veux avec d'autres personnes qui elles aussi te donnent un coup de main pour n'importe quoi .Nous avons un sleeping qui est ouvert a tout le monde.On a eu quelques  problemes avec des personnes qui ne respectaient pas le lieu,en le degueulassant et en cassant des trucs ,on a eu vite fait de les mettre dehors.

-Quelle est votre opinion sur le mouvement squat en général, votre expérience d'autres lieux de ce type en Europe ou ailleurs ?

-Dans la plupart des autres pays d'europe,j'ai l'impression que le mouvement est beaucoup plus développé,plus vaste,les batiments occupés sont souvent très grands et les squatters plus nombreux.Sans doute parce que la vie y est moins facile(ici on a le chomage facile)les gens sont prêt a se battre et à re-squater continuellement et les autorités ont souvent l'air plus dure,plus sévére par rapport aux squatters.La presse les supporte moins ou les descend carrément…On a peut être trop de facilités par ici,en genéral, je veux dire.C'est pas le paradis non plus ici,il y a pleins de gens a la rue aussi.

-Pour quelle raison pensez-vous qu'il n'y ait pas plus de gens qui squattent en France ou de lieux squattés qui arrivent à durer ?

- Si il n'y a pas plus de gens qui squate en France,c'est a mon avis parce que c'est illégale et que les gens n'ont pas envie de se créer de problémes par rapport a la police.Surement aussi parce que la propriéte privée représente toujours quelque choses de sacrée au yeux de beaucoup de monde,qui pensent que squatter, c'est voler donc pas bien.Ensuite,si les lieux ne tiennent pas plus longtemps,c'est parce qu'on ne veut pas qu'il y ait des lieux autonomes ou l'etat ne peut rien controler et surement aussi parce que les propriétaires du batiment ne veulent pas perdre leur lieu au profit des squatters